
Le 18/03/2012
Ce n’est pas forcément utopique puisque le sénateur des Yvelines Monsieur Alain Gournac (UMP) a posé la semaine dernière la question écrite au JO du Sénat.
Le sénateur dénonce la disparité de prise en compte du professionnalisme entre les diagnostiqueurs immobiliers et d’autres professions assurément plus sensibles. En comparant les architectes et les chirurgiens par exemple aux diagnostiqueurs immobiliers, le sénateur dénonce l’insupportable pression pour ces derniers d’avoir à repasser un examen périodique pour valider leurs compétences.
Bien sûr, les évolutions techniques imposent une mise à jour des compétences mais ne sauraient en aucun cas expliquer l’obligation d’examen (payant) de certification.
Outre la pression financière que la recertification fait peser sur l’exercice de la profession, le sénateur rappelle que les domaines de la certification et de la formation ont fait ces dernières années l’objet d’abus.
Sans vouloir les nommer ni entrer dans les détails, les abus relevés semblent pointer certains groupes d’envergure qui assurent eux-mêmes ou par l’intermédiaire de leurs filiales le recrutement, la formation et la certification de leurs propres diagnostiqueurs immobiliers. D’ici penser que ces mêmes grands groupes puisent également posséder un réseau d’agences immobilières, il n’y a qu’un pas…
Cette remise en cause de la recertification vient à point nommé étayer les défauts constatés dans la toute récente règlementation du DPE (Diagnostic de Performance Energétique) dont les nouveaux arrêtés relatifs viennent de paraître.
Les arrêtés :
Arrêté du 8 février 2012 modifiant l'arrêté du 15 septembre 2006 relatif au diagnostic de performance énergétique pour les bâtiments existants proposés à la vente en France métropolitaine
Arrêté du 8 février 2012 modifiant l'arrêté du 3 mai 2007 relatif au diagnostic de performance énergétique pour les bâtiments existants à usage principal d'habitation proposés à la location en France métropolitaine
Sensés préciser les modalités de relevés et de calcul du DPE obligatoire suite aux dérives relevées (et médiatisées) par les fédérations de consommateurs, ces arrêtés comportent encore trop de possibilités d’appréciation « à la louche » qui ouvrent la porte à de nouvelles dérives :
La réponse à la question écrite posée par le sénateur devra être donnée bientôt par le Ministre du Logement.
En attendant, les diagnostiqueurs immobiliers ont encore un rendez-vous important (Rendez-vous du Diag’Immo lejeudi 22 mars à Paris) l’occasion peut être de manifester leur éventuel soutien au sénateur des Yvelines.