
Le 27/11/2011
Morosité et crainte
Avant que ne soient mis en vigueur les nouveaux dispositifs (re-certification, nouveau DPE …) le moral de la profession semble être au pessimisme surtout chez les diagnostiqueurs solos ou les TPE.
Leur chiffre d’affaire est en effet basé à 90% sur le marché de la transaction au profit des particuliers et des prescripteurs traditionnels que sont les agences et les notaires notamment.
Le contexte de baisse de la transaction immobilière qui se dessine semble dû à la hausse des prix dans l’immobilier associée à la crise qui réduit le pouvoir d’achat et la capacité de projection des ménages.
A eux seuls ces deuxfacteurs, le prix de l’immobilier qui flambe associé à la hausse du coût de la construction aux critères de la RT2012, réduisent le volume de transactions que l’on pensait pouvoir espérer début 2010.
Sans la crise et avec un flot soutenu de transactions, la RT2012, les tests BBC et l’extension du diagnostic amiante auraient pu être des opportunités d’augmenter l’activité des ODI ; mais entre le flop du Scellier, la baisse des transactions et le coût de la re-certification, les petites entreprises du diagnostic immobilier arrivent à un tournant qu’il faudra négocier savamment pour espérer rester sur la piste.
La pénurie attendue
La re-certification, à un coût qui semble déjà rédhibitoire pour les anciens qui préfèrent quitter prématurément le métier plutôt que de prendre un risque financier.
Les annonces de cession de cabinets de diagnostics immobiliers commencent à fleurir avec en exergue les CA des 2 ou 3 dernières années qui n’ont d’indicatif que pour avoir été les plus fastes depuis 2007.
Selon une petite enquête sur les petites annonces de vente de cabinets, chacun aurait fait environ 100 à 150k€ de CA par ODI en 2010. Avec un tel CA et un montant de charges croissant (re-certification, acquisition et renouvellement d’appareils, attestation de protection pour l’amiante), de plus en plus de départs anticipés à la retraite se profilent.
Dans le même intervalle, l’augmentation des pré-requis freine l’accès à la profession pendant que le volume attendu du marché ralentit l’embauche et que le montant des équipements limite les possibilités de s’installer (surtout que les banques rechignent de plus en plus à accorder des prêts).
Et demain ?
Les plans de travaux dans les bâtiments tertiaires devraient ouvrir un marché important qui nécessitera davantage de diagnostiqueurs. Malheureusement, on peut penser que les nouvelles contraintes cherchent aujourd’hui à écarter le petit diagnostiqueur solo de ce marché au profit d’entreprises de taille moyenne à importante.
La rénovation énergétique des bâtiments tertiaires doit relancer le DPE. D’ici 2020, cela représente des millions de locaux professionnels, de boutiques et de bureaux à diagnostiquer auxquels s’ajoutent des centaines de milliers de copropriétés à diagnostiquer avant 2016.
Avec l’infiltrométrie requise par la RT2012, ce sont des marchés importants qui se dessinent pour les ODI qui auront su ne pas les laisser entre les mains des architectes et des bureaux d’études.
Souvent axés sur le marché du diagnostic avant transaction, les petits diagnostiqueurs en grande majorité ne se sont pas encore positionnés sur ces marchés qui apparaissent pourtant comme les plus prometteurs.
Avec une relative pénurie d’ODI qui se profile à moyen terme, il semble judicieux d’orienter dés maintenant son marketing vers l’entreprise et la copropriété ne serait-ce que pour diversifier ses sources de CA avant que le marché ne soit capté.