
Le 26/03/2011
La radio-activité en France due au radon
Le bilan du premier plan d'actions menées entre 2005 et 2008 contre le radon a été publié en 2010 par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN).
Le radon, ce gaz radioactif d'origine naturelle issu de la dégradation de l'uranium et du radium présents dans la croûte terrestre, est classé 'cancérogène certain' par le Centre international de recherche contre le cancer (CIRC) et entre 1.234 et 2.913 décès par cancer du poumon lui seraient attribuables chaque année, selon l'Institut de veille sanitaire (InVS).
La gestion du risque lié au radon est l'un des axes du premier Plan national santé-environnement (PNSE) dont 24 des 27 actions prioritaires ont été réalisées.
Certaines mesures montrent que 85% des 7.356 ERP contrôlés en quatre ans sont exposés à des seuils inférieurs à 400 bécquerels par mètre cube (Bq/m3).
''Il est nécessaire de mettre en œuvre des actions destinées à réduire l'exposition des personnes au radon, voire de réaliser des travaux'' pour les 15% d'établissements restants, souligne l'ASN.
Dans le Finistère 22% des établissements contrôlés sont exposés à des niveaux supérieurs au niveau d'action de 400 Bq/m3, et 12% à des niveaux supérieurs à 1.000 Bq/m3.
Une autre campagne de mesures a été réalisée sur 235 habitations. 26% sont exposées à des niveaux compris entre 400 Bq/m3 et 1000 Bq/M3, et 13% à des niveaux supérieurs à 1000 Bq/m3.
31 départements français sont exposés à des niveaux supérieurs à 100 Bq/m3, estime l'INRS.
Parmi les régions ''prioritaires'' concernées figurent la Corse, la Bretagne, l'Auvergne et le Limousin.
Abaisser les seuils de lutte, oui mais...
Le bilan de l'ASN paraît après que le Haut Conseil à la Santé Publique (HCSP) a préconisé dans un avis publié le 19 avril 2010 d'abaisser à 300 Bq/m3 le seuil de concentration du radon dans l'habitat existant et les lieux ouverts au public.
''Une simplification des niveaux d'action actuellement en vigueur en France et leur abaissement à une seule et même valeur de 300 Bq/m3 pour l'habitat existant et les lieux ouverts au public sont souhaitables'', souligne-t-il.
Le HCSP estime que le niveau de 300 Bq/m3 devrait être considéré ''comme une étape dans la stratégie de gestion du radon en France, avec un objectif à long terme d'abaisser ce niveau d'action à 100 Bq/m3'', comme proposé en septembre dernier par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Si les prescriptions de l’OMS sont respectées pour le radon, à 300 puis 100 Bq/m3, et les alertes des détecteurs réglées sur ces seuils, il va peut être falloir revoir la communication sur la non dangerosité en France des émissions de Fukushima….